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Les Landes mobilisées pour défendre le logement social

La motion « Pour une politique du logement, outil de cohésion des territoires et de justice sociale » a été votée à l'unanimité des présents lundi 6 novembre par le Conseil départemental, après un après-midi dense de discussions.
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La motion « Pour une politique du logement, outil de cohésion des territoires et de justice sociale » a été votée à l'unanimité des présents lundi 6 novembre par le Conseil départemental, après un après-midi dense de discussions.

En ouverture de la session spéciale consacrée au logement social, Xavier Fortinon a regretté les chaises vides du côté des élus de l'opposition. « Ils nous ont contesté le droit de débattre de ce sujet, c'est sans doute l'expression de la nouvelle politique : accepter, sans débattre, la parole présidentielle », a déploré le président du Conseil départemental. Le matin, lors de l'examen du budget supplémentaire, il avait rappelé que « l'Assemblée départementale est composée de plusieurs sensibilités politiques et donc propice au débat. » Avec une baisse de 1,7 milliard de crédit sur le budget logement dans le projet de loi de finances 2018, et l'annonce phare d'une baisse mensuelle de 60 € en moyenne des APL compensée par une remise sur loyer des bailleurs sociaux, « nous jugeons que le logement social est en danger, que cela a des répercussions pour nos territoires et pour notre collectivité. Et nous ne sommes pas les seuls à le penser », a poursuivi M. Fortinon citant les motions adoptées à l'unanimité par les Départements des Pyrénées-Atlantiques et Charente-Maritime, respectivement dirigés par un président MODEM et LR.

Un manque pour 455 logements

« Pour les Landes, la perte en fonds propres des bailleurs sociaux est évaluée à 4,7 M€ dès 2018, représentant le besoin financier pour la construction de 455 logements », selon la motion votée à l'unanimité des conseillers départementaux présents en fin de journée. Avant de voter ce texte, de nombreux acteurs du logement social (Arosha, COL, Indecosa, CAPEB, Fédération du bâtiment, Confédération syndicale des familles...) ont pris la parole devant une assemblée où avaient pris place des représentants de communautés de communes et des deux agglomérations (Mont-de-Marsan et Grand Dax) pour dire toute leur inquiétude et déconstruire la logique d'un projet de loi perçu comme un « cataclysme ». Ainsi Jean Elhuyar, directeur général d'Habitat Sud Atlantic, a prédit « des lendemains difficiles pour tout le monde si le texte passe en l'état ». Pour XL Habitat qui gère un parc de 10 000 logements sociaux avec 57 % de locataires bénéficiant d'APL, Maryline Perronne, Directrice Générale, a expliqué que, du fait de ce projet de loi, « des programmes étaient déjà en panne dans l'attente d'y voir plus clair » et « ce que nous avions prévu sur les cinq prochaines années, notamment en matière de rénovation thermique, ne sera pas réalisable » .

Frein pour les jeunes ménages

« Il nous faudra réduire la construction et freiner ou mettre à l'arrêt l'entretien et la rénovation tandis que la demande ne cesse de croître », a résumé M. Fortinon. À ce jour en effet, 7 300 demandes de logements sociaux sont en attente dans ce département à forte dynamique démographique et l'objectif de production fixé par l'État atteint désormais plus de 1 000 nouveaux logements sociaux annuels. Quant à la réduction drastique des prêts à taux zéro, « on risque une recrudescence de l'habitat secondaire et un déséquilibre générationnel avec une accentuation des écarts entre le littoral et l'intérieur des terres, et des portes qui se ferment pour l'installation de jeunes ménages ou de primo-accédants », a dit craindre Pierre Froustey, président de la communauté de communes Macs. Autour de la table, tous étaient convaincus que le logement n'est pas la bonne cible pour des mesures d'économies budgétaires. « On nous dit que le logement social coûterait cher à la nation ? Ça coûte moins cher que les aides fiscales à l'investissement locatif ! », a notamment plaidé Xavier Fortinon, quand Gérard Le Bail, vice-président de l'agglomération du Grand Dax, concluait d'un cinglant : « il faut bien récupérer de l'argent quelque part quand on fait des cadeaux fiscaux comme l'ISF... ».

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