Abbaye d'Arthous
Société
30 mars 2017

L'adieu à Henri Emmanuelli

Le président de la République, la famille socialiste et 2 500 personnes ont rendu hommage samedi à l'ancien président de l'Assemblée nationale qui incarnait les Landes plus que quiconque.
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© Sébastien Zambon | Dpt40© Sébastien Zambon | Dpt40

Le président de la République, la famille socialiste et 2 500 personnes ont rendu hommage samedi à l'ancien président de l'Assemblée nationale qui incarnait les Landes plus que quiconque.

La dépouille d'Henri Emmanuelli est entrée dans l'Espace François Mitterrand de Mont-de-Marsan dans un grand silence, bientôt recouverte du drapeau tricolore devant un bouquet de 287 roses rouges, une par député socialiste. Et les 2 500 personnes debout face à l'immense portrait en noir et blanc du grand homme, se sont mises à applaudir, longuement. Paulette Fiton était parmi ces anonymes, venue de Créon d'Armagnac honorer la mémoire de ce « vrai homme de gauche, droit, intègre, loyal et innovant ». « Un Landais de cœur qui a surinvesti pour son département », abondait Laurence Chiron avec sa fille Léa qui le connaissait pour l'opération « un collégien-un portable ».

Après un nouveau silence profond, l'harmonie d'une soixantaine de musiciens de toutes les Landes a alors entonné, en rythme avec l'assistance, un doux Vino Griego à l'arrivée de François Hollande et de la famille du défunt, pour cet hommage républicain suivant la cérémonie religieuse dans l'intimité de l'église de la Madeleine.

Au premier rang avec le chef de l'État, le Premier ministre Bernard Cazeneuve, de nombreux membres du gouvernement, d'Alain Vidalies à Stéphane Le Foll et Matthias Fekl, mais aussi Benoît Hamon qui a confié une « peine politique doublée d'une peine personnelle profonde » depuis la disparition de son mentor. Derrière, des personnalités comme Gilbert Mitterrand, Gilles Carrez (spécialiste Les Républicains des finances publiques) ou l'écologiste Cécile Duflot.

Majestueux et piquant

Comme un symbole, Marie Lafitte des Jeunes socialistes landais a pris la parole en premier à la tribune. Dans sa « lettre à Henri » qui « comme la rose, était majestueux et piquant, fragile et robuste », elle a promis de « poursuivre le combat socialiste et humaniste » du député et président du Département qui a toujours œuvré au rassemblement de la gauche : « Comme vous, ma génération ne tolérera pas les aventures individuelles et les querelles de clocher », a-t-elle assurée, très émue, regrettant profondément son absence et ses « lumières face aux chemins sombres et sinueux » d'un « moment inquiétant de notre histoire ».

Dans son allocution, François Hollande a également rendu un hommage appuyé à l'ancien président de l'Assemblée nationale et figure de l'aile gauche du PS : « il était né à Eaux-Bonnes pas loin de chez Cyrano, dont il avait sans autorisation repris le panache » pour « partir à l’abordage et conquérir des places électorales, dénoncer les puissants, moquer les Parisiens, secouer les timorés, effrayer les droitiers, mais aussi séduire les récalcitrants et faire tomber les citadelles les mieux gardées ». Et ce, avec « toutes les armes dont la plus secrète était le cœur » chez cet homme « fait d'acier trempé et de larmes sincères ». Ce « grand parlementaire », « fidèlement libre et librement fidèle » qui « pensait que le but de toute vie politique n'est pas d’être quelqu'un mais de servir à quelque chose », voulait que la gauche gouverne contre « ceux qui aspirent à une opposition tranquille et rédemptrice », a souligné le président : « Avec la droite, il était impitoyable. Avec la gauche, il était intraitable. Avec tous, il était exigeant », lui qui « pourfendait les pères la rigueur qui, on le sait maintenant, ne sont pas toujours des parangons de vertu »...

Fils de l'eau, du tonnerre et de la glace

Fier d'appartenir au parti de Jaurès, Blum et Mitterrand, « Henri Emmanuelli voulait une société plus juste où l'argent serait à sa place et le progrès partagé par tous », a encore relevé le chef de l'Etat. Des idéaux appliqués à sa terre d'adoption où « il se réfugiait quand les humeurs de Paris l'indisposaient, c'est-à-dire souvent... » Car de son combat pour la gestion publique de l'eau à l'informatique au collège ou à son dernier projet de Village Alzheimer, « il voulait que les Landes soit une terre de solidarité », a insisté François Hollande.

Avant lui, Xavier Fortinon s'est aussi incliné sur la capacité visionnaire de ce Béarnais de naissance dont le destin s'est effectivement confondu avec sa terre d'élection landaise : ce « fils de l'eau, du tonnerre et de la glace » fut « l'inspirateur et le bâtisseur qui ont durablement modifié et changé le département et la vie de tous ses habitants ». « Qu'est-ce qu'il a apporté aux Landes ?, a ainsi demandé le vice-président du Conseil départemental, la réponse est simple : Henri Emmanuelli, c'est les Landes ». Après un Agur poignant et une Encantada émouvante par les musiciens, c'est d'ailleurs en plein cœur de ce territoire, dans son village chalossais de Laurède, qu'il a été inhumé. Et repose à jamais.

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